CPT ou CIP différence : l'assurance qui change tout
CPT ou CIP : la différence tient à une seule chose, l'assurance
Une PME de Saint-Étienne fabrique des composants industriels usinés. Elle expédie un lot de 78 000 € à un assembleur près de Hô Chi Minh-Ville, en conteneur, via le port de Fos. Le responsable ADV hésite : la facture mentionne CPT, mais le client réclame une couverture transport. Faut-il passer en CIP ? Et au fond, qu'est-ce qui sépare vraiment ces deux règles ? On voit souvent cette confusion. La réponse est plus simple qu'il n'y paraît : CPT et CIP sont identiques sauf sur un point, l'assurance. Cet article clarifie ce point, avec un exemple chiffré et une méthode de choix.
Ce que dit l'ICC exactement
CPT (Carriage Paid To) et CIP (Carriage and Insurance Paid To) sont deux des sept règles multimodales des Incoterms® 2020. Elles s'appliquent à tous les modes de transport, y compris le conteneur. Dans les deux cas, le vendeur paie le transport principal jusqu'au lieu de destination convenu. Le transfert de risque, lui, intervient au moment où la marchandise est remise au premier transporteur — pas à destination.
La seule différence figure dans les obligations d'assurance. Sous CIP, le vendeur doit souscrire une assurance transport au profit de l'acheteur. Depuis la révision Incoterms® 2020, cette couverture doit correspondre au niveau le plus large, soit les clauses A de l'Institute Cargo Clauses (couverture « tous risques »). Sous CPT, aucune obligation d'assurance ne pèse sur le vendeur.
Autrement dit : même partage des coûts de transport, même point de transfert de risque, mais CIP ajoute une assurance étendue obligatoire. C'est tout.
L'erreur fréquente et pourquoi elle arrive
L'erreur classique : croire que CPT couvre la marchandise jusqu'au Vietnam parce que le vendeur paie le transport. Faux. Le risque est transféré dès la remise au transporteur à Fos. Si le conteneur subit un dommage en mer, c'est l'acheteur qui supporte la perte — alors que c'est encore le vendeur qui paie le fret jusqu'à destination.
Reprenons le lot de 78 000 €. Sous CPT, si une avarie survient au large de Singapour, l'assembleur vietnamien encaisse la perte. Personne n'a souscrit d'assurance, car CPT ne l'impose pas. Résultat : litige, retard sur la chaîne d'assemblage, relation client abîmée. Une couverture clauses A aurait coûté environ 0,2 à 0,4 % de la valeur, soit 150 à 310 € pour ce lot.
Pourquoi cette confusion persiste ? Parce que le cerveau associe « le vendeur paie le transport » à « le vendeur protège la marchandise ». Les deux notions sont décorrélées dans les Incoterms®. Coût et risque suivent des logiques séparées.
Comment choisir selon votre situation
Le choix entre CPT et CIP dépend de qui souscrit l'assurance et du niveau de couverture souhaité. Voici trois cas typiques pour un responsable ADV multimodal.
Cas 1 — Le client gère déjà son assurance. L'assembleur vietnamien possède une police d'abonnement couvrant tous ses flux entrants. CPT suffit. Inutile de facturer une assurance que l'acheteur a déjà. On clarifie ce point au devis pour éviter le double paiement.
Cas 2 — Le client veut une couverture clé en main. L'acheteur préfère que le vendeur gère tout, transport et assurance. CIP s'impose, avec ses clauses A obligatoires. Le coût de la prime se répercute dans le prix de vente, en toute transparence.
Cas 3 — Marchandise sensible ou première transaction. Pour un composant de précision sur un nouveau client, CIP rassure. La couverture étendue protège la relation commerciale et limite les litiges en cas d'avarie.
- CPT : vendeur paie le transport, aucune assurance obligatoire.
- CIP : vendeur paie le transport + assurance clauses A obligatoire.
- Transfert de risque : identique, à la remise au premier transporteur, dans les deux cas.
- Conteneur : les deux règles conviennent (multimodales).
Un réflexe utile : ne jamais confondre CPT/CIP avec FOB. Pour un conteneur, FOB n'a pas lieu d'être — il faut FCA, CPT ou CIP. FOB reste réservé au vrac et au conventionnel non conteneurisé.
Comment Incoclyse détecte ça automatiquement
Incoclyse lit la facture commerciale par OCR, identifie l'Incoterm® déclaré, le mode de transport et la nature de la marchandise. Sur un envoi conteneurisé facturé en CPT vers le Vietnam, l'outil signale l'absence de couverture assurance et propose CIP si le contexte le justifie, avec la règle ICC correspondante en référence. Le rapport PDF archivable conserve la recommandation et sa justification. Vous pouvez tester l'analyse sur app.incoclyse.com. Incoclyse n'est pas affilié à l'ICC ; Incoterms® est une marque de la Chambre de Commerce Internationale.
FAQ
CPT ou CIP : laquelle protège le mieux le vendeur ?
Aucune des deux ne protège mieux le vendeur sur le risque, car le transfert intervient au même moment, à la remise au premier transporteur. CIP protège surtout l'acheteur, puisque le vendeur souscrit l'assurance à son bénéfice. Le vendeur, lui, reste exposé jusqu'à la remise au transporteur dans les deux cas.
Quel niveau d'assurance impose CIP en 2020 ?
Depuis les Incoterms® 2020, CIP exige une couverture au niveau le plus large, soit les clauses A de l'Institute Cargo Clauses (« tous risques »). C'est une nouveauté par rapport à 2010, qui se contentait des clauses C. CIF, en revanche, reste au niveau minimal clauses C.
Peut-on utiliser CPT pour un envoi en conteneur ?
Oui. CPT fait partie des sept règles multimodales, applicables à tous modes de transport, conteneur inclus. C'est même l'option correcte pour un conteneur, contrairement à FOB qui reste réservé au vrac et au conventionnel non conteneurisé. Pour un conteneur, on choisit entre FCA, CPT ou CIP côté départ et fret.
Le client doit-il payer l'assurance sous CPT ?
Sous CPT, le vendeur n'a aucune obligation d'assurance. L'acheteur supporte le risque dès la remise au transporteur. S'il veut être couvert, il souscrit sa propre police. Mieux vaut clarifier ce point au devis pour éviter qu'aucune des deux parties n'assure la marchandise par malentendu.
Conclusion
La règle à retenir : CPT et CIP sont jumelles, sauf que CIP ajoute une assurance clauses A obligatoire payée par le vendeur. Le transfert de risque, lui, ne bouge pas. Avant de figer l'Incoterm® sur votre prochaine facture vers le Vietnam, vérifiez qui assure réellement la marchandise. Pour contrôler ce point en quelques secondes sur vos factures réelles, lancez une analyse sur Incoclyse et obtenez une recommandation sourcée ICC.